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La présente action intitulée « Droits de femmes et nouveaux médias » représente une initiative proposée par l’Association Tanmia.ma, dans le cadre de sa stratégie d’appui aux processus de mobilisation et de plaidoyer développés par le secteur associatif, pour faire valoir des politiques de développement basées sur le respect des droits humains et de l’égalité genre. La stratégie de Tanmia dans le cadre de ce processus repose sur l’exploitation du potentiel des TIC pour capitaliser et communiquer autour des acquis ainsi que des challenges du secteur associatif par rapport à la promotion de la culture des droits humains et de genre. L’intervention de Tanmia dans le domaine des TIC, notamment pour la promotion des droits de femmes, lui a permis d’identifier un ensemble de constats par rapport aux enjeux de la communication et de l’exploitation des nouveaux médias pour le plaidoyer mené par les associations de défense des droits de femmes.

L’apport de la dynamique associative dans le plaidoyer pour l’amélioration du statut des femmes, a connu une nette amélioration et une évolution ascendante notamment au niveau de la compréhension et la maîtrise des différentes approches et démarches méthodologiques de sa mise en œuvre. Les représentants et responsables des associations ainsi que les agents de développement formés à travers un ensemble d’interventions en matière de renforcement de capacités, font apparaître déjà un savoir en la matière. Mais la grande question qui reste toujours en suspens est relative au degré et à l’ampleur de la transformation sociale et la traduction pratique de ce savoir théorique en apports réels et actions faisables et convaincantes sur le terrain et au profit de l’amélioration du statut sociétale des femmes et l’image que lui attribue la société d’une manière générale.

Lors de son intervention dans le cadre des projets qu’elle a mené, en matière de plaidoyer pour les droits de femmes, Tanmia a recueillir un ensemble de constats, à partir de son diagnostic auprès des associations partenaires et qui œuvrent dans le domaine de droits des femmes. Il a été constaté qu’actuellement, les associations féminines ou celles qui travaillent au profit des femmes sont en face d’un défi majeur, lié en premier lieu, à leur valeur ajoutée par rapport au processus de développement du pays et son impact sur les différentes facettes de transformation sociale. En deuxième lieu, elles sont en quête d’une identité, d’une reconnaissance et d’une perception valorisante de leurs efforts et de leurs apports au sein de la société, et la susceptibilité de ceux-ci à améliorer le statut et la place de la femme dans la dynamique de notre société qui est en pleine transformation. Malgré les évolutions constatées les associations sont affrontées à plusieurs handicaps qui freinent d’une manière très sensible l’impact de leurs actions :

  • La domination d’une tendance apparente de travail d’une manière isolée au détriment d’un esprit de travail collectif et en commun. Les passerelles d’échange et de mutualisation des savoirs entre les associations sont très limitées.
  • La faible conscience par rapport à l’importance et l’effet de la capitalisation des enseignements et des fruits des expériences vécues par les associations. Les retombés institutionnels des programmes gérés par les associations ne dépassent pas, dans la plupart des cas, les aspects logistiques de fonctionnement. Ceci génère une faiblesse en matière de proposition et de développement de modèles appropriés d’action et de communication sociale adaptée aux différentes réalités auxquelles sont affrontées.
  • Les résultats de ces tentatives reflètent aussi une grande insuffisance en matière de coordination entre les différents intervenants (notamment entre les associations féminines et qui travaillent avec les femmes), que ce soit, au niveau de la conceptualisation, de la programmation ou de la mise en œuvre (outils utilisés).
  • L’accès à l’information, aussi bien stratégique que communautaire, sur la situation de la femme et sur le degré de mise en œuvre des différents dispositifs pour améliorer son statut, est loin d’être à la portée de toutes les associations, notamment celles qui agissent au niveau local. Cela est dû, principalement, aux insuffisances en matière de plateforme d’échange, de capitalisation et de mutualisation inter-associatifs.

Par ailleurs, et depuis 2004, la mise en œuvre de la stratégie de Tanmia dans le domaine de renforcement des capacités de la société civile, à travers l’exploitation des TIC, a permis d’effectuer une lecture et une analyse approfondie des besoins des associations, notamment celles qui œuvrent dans le domaine des droits de femmes, quant à l’identification et la mise en œuvre de stratégies adaptées de communication et de capitalisation.

Bien que le mouvement pour les droits des femmes soit considéré comme pionnier dans le domaine de mobilisation et de plaidoyer au Maroc, il enregistre désormais des insuffisances majeurs en terme de communication et de capitalisation de son savoir, qui ont commencé à se faire sentir, notamment, avec l’avènement des TIC et la confirmation du rôle incontournable de ces dernières dans la capitalisation et la communication sociale. Ces insuffisances peuvent être compté parmi les causes directes de l’affaiblissement du mouvement, principalement au niveau de son renouvellement, vu ses limites en terme de mobilisation et de recrutement des jeunes, alors que ces derniers sont les premiers utilisateurs des TIC, notamment des réseaux sociaux et des médias communautaires. Jusqu’à la fin de 2013, le Maroc compte 5 091 760 utilisateurs de Facebook, dont plus de 70% sont des jeunes de 18 à 34 ans.

A l’issu d’une enquête[1] réalisé, en juin 2014, par Tanmia auprès d’une dizaine d’ONG nationales leaders dans le domaine des droits de femmes, il a été constaté que seulement 3 parmi elles disposent d’un site web dont 1 qui sont alimentés d’une manière régulière. Ceci sans parler de la faible interactivité de ces sites ainsi du degré d’investissement des nouveaux médias comme supports d’expression en leur sein. Seulement 3 de ces ONG disposent d’une page facebook, qui est dans la plupart des cas faiblement mise à jour. Nous avons noté aussi que seulement 2 de ces ONG engagent une personne dédiée à la question de la communication et l’information.

L’ensemble de ces éléments expliquent les insuffisances constatées auprès des ONGs nationales de défense de droits des femmes, qui disposent des moyens ainsi que de l’expérience nécessaire pour se doter des outils et des systèmes évolués dans les nouveaux domaines de communication, la situation au niveau local et, notamment, dans les zones périphériques, est beaucoup plus inquiétante, dans le sens où ces faiblesses sont souvent derrière la perte conséquente du savoir et du contenu local, ce qui prive les autres acteurs ainsi que les communautés à la base, y compris les associations elles-mêmes, du savoir et de l’expertise qui leur seront très utiles.

  • Les associations de droits de femmes ne parviennent pas encore à développer des plateformes évoluées de diffusion ou de partage actualisées d’une manière régulière et qui permettent de visibiliser leur savoir et la communication autour des messages d’égalité et d’équité ;
  • Elles trouvent beaucoup de difficultés à capitaliser et à produire des stratégies pour communiquer et partager leurs acquis et leurs points de vue. L’attention des associations était souvent orientée vers l’accomplissement des résultats sans un réel placement de la communication sociale comme processus transversale d’accompagnement de leurs stratégies de plaidoyer.
  • Malgré les importantes opportunités qu’offrent les nouveaux médias comme canaux de communication, de sensibilisation et de communication, on constate un très faible investissement de ces derniers par les associations de défense des droits des femmes, et notamment pour traiter des sujets tels que les stéréotypes sexistes à l’égard des femmes. Ceci malgré que les nouveaux medias ont montré leur efficacité dans la conscientisation, la mobilisation et le plaidoyer. Le principal canal exploité par les jeunes lors du printemps Arabe était les réseaux sociaux et les médias communautaires. Dans ce sens, l’exploitation de ces nouveaux médias ainsi que des TIC en général ne pourra qu’être bénéfique pour faire valoir et plaider pour les droits de femmes. C’est dans cette logique que la présente action a été élaborée, et notamment, pour parvenir à apporter une repense à ces besoins, à travers la mise à disposition d’un modèle de production des supports de communication et de sensibilisation qui met en œuvre le potentiel des TIC et des médias communautaires.

Sur la base de ces éléments, Tanmia ambitionne, à travers la présente action, de renforcer les capacités des associations de droits des femmes, relevant des provinces ciblées par le projet, à travers la mise à leur disposition des outils de communication multimédia et leur accompagnement en matière d’élaboration et de mise en œuvre des stratégies de communication et de plaidoyer, pour lutter contre les stéréotypes sexistes à l’égard des femmes. Cette action appuiera les efforts déployés par les associations, notamment celles qui agissent au niveau local, dans leur plaidoyer pour la défense des droits de femmes au Maroc. Tanmia propose de mettre à la disposition de ces ONGs une stratégie de communication sociale qui repose sur l’exploitation des TIC et des nouveaux médias comme supports de transmission et de communication autour des stéréotypes sexistes à l’égard des femmes.

[1] Enquête réalisée dans le cadre du projet clicgenre (www.egalite.ma), mise en œuvre par Tanmia avec le soutien financier de l’UNIFEMME et l’Ambassade des pays bas.

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