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Lancement du portail «Anissaya.net»

Dans le cadre de ses activités pour la promotion et la protection des droits des femmes au Maroc, l’Union de l’action féministe (UAF) vient de lancer un portail internet «Anissaya.net». Mis en place par la section de Tanger de l’UAF, ce portail vise à appuyer l’accès des femmes à leurs droits, lutter contre les violences à leur égard et les accompagner sur le plan social, économique, éducatif, scientifique et politique.

 

«Anissaya.net ambitionne de s’appuyer sur le canal Internet pour contribuer à conscientiser les Marocaines et Marocains sur l’égalité “homme-femme” inscrite dans la Constitution du Maroc et à sensibiliser à la lutte contre la violence basée sur le genre et accompagner et orienter les femmes victimes de violence. 
Ce projet a également pour objectif de renforcer l’appui à l’accès des femmes à la justice en leur permettant de comprendre et faire valoir leurs droits auprès des sections de la justice de la famille et aussi les informer et les conseiller sur les procédures administratives, leurs impératives, leur délai et leur coût», indique Fathiya Saïdi, responsable du projet «Anissaya.net» et vice-présidente de l’union de l’action féministe.

«Le portail va tenter aussi d’apporter des réponses concrètes aux questions posées notamment par nos compatriotes résidant à l’étranger, par la mise en ligne d’information et d’orientation sur les démarches, les procédures et le système de fonctionnement de la justice de la famille. Nous souhaitons également développer, via ce projet, un réseau social pour confronter les avis des citoyens les uns avec les autres dans l’optique de faire avancer le débat autour des droits de la femme et leur permettre de contribuer à l’enrichissement du contenu par leurs blogs, leurs témoignages… Cela va également nous permettre de faire des plaidoyers à travers une tribune et organiser des pétitions pour renforcer les actions des ONG qui militent contre les discriminations et contre toute forme de violence que subissent les femmes dans notre pays», poursuit-elle.

Cette première version du portail, qui est cofinancé par l’ONU femmes, l’Organisation internationale pour la francophonie et l’UAF de Tanger, se positionne sur les axes en rapport avec les droits des femmes comme l’égalité homme-femme, la femme et le Code de la famille avec un e-Guichet juridique en ligne, violence à l’égard des femmes, le droit à la santé, la femme dans la société, l’accès à l’éducation, la femme et l’économie, la femme et la politique…

«Chaque axe est développé en un portail internet spécialisé avec des programmes et des applications indépendantes, mais pour le moment, seul cinq axes sont lancés. Nous sommes à la recherche d’un autre financement pour consolider notre projet et développer les autres axes», souligne la responsable du portail. Et de signaler : «Anissaya.net est un projet pilote, mais il n’est pas uniquement dédié à la ville de Tanger. Il a été conçu comme un projet national et s’adresse aussi bien aux femmes résidant au Maroc qu’aux Marocaines résidant à l’étranger. Il est également ouvert à toutes les associations marocaines qui œuvrent pour les droits de la femme et qui militent contre la violence faite à leur égard. Ces dernières trouveront un moyen pour exister à travers un mini-site web intégré dans un annuaire et auront la possibilité d’utiliser ses différents services et plus particulièrement ceux qui concernent la violence faite aux femmes.

Bien entendu, cet aspect est amené à se développer pour créer un véritable réseau pour un observatoire national et une structure multi-acteurs pour faire face au fléau des violences que subissent les femmes dans notre pays.» 

 

Questions à Fathiya Saïdi, responsable du projet «Anissaya.net» et vice-présidente de l’Union de l’action féministe

«C’est une tribune pour contribuer à modifier ou à mettre en place des lois permettant aux femmes de vivre dignement dans notre pays»

Concrètement, comment le portail pourra-t-il appuyer l’accès des femmes à leurs droits ?
Anissaiya.net combine plusieurs axes pour informer, sensibiliser, faire de la pédagogie, conseiller et orienter les femmes sur leurs droits. Le principe des e-Guichets que nous avons intégré dans le portail est un moyen simple, direct et efficace pour permettre aux femmes, aux associations et aux institutions de trouver des réponses concrètes à leurs interrogations ainsi que sur les démarches à suivre. 
Le cas échéant, elles peuvent poser les questions pour lesquelles nous nous engageons à apporter, dans un bref délai, les réponses adéquates en faisant appel à un réseau d’experts et de professionnels qui nous soutiennent. C’est également une tribune pour faire du plaidoyer, organiser des sondages, des enquêtes et des pétitions pour contribuer à modifier ou à mettre en place des lois qui peuvent permettent aux femmes de légitimer leurs revendications pour vivre dignement dans notre pays.

Quelles sont les différentes créations mises en place par l’union de l’action féministe pour sensibiliser le public sur les problèmes subis par les femmes ?
Parmi les créations de l’UAF pour sensibiliser le public, on trouve entre autres la sensibilisation juridique de plus de 2.500 élèves dans les collèges et les lycées de Tanger, les ateliers sur les droits des femmes pour un grand nombre de femmes et jeunes filles des quartiers populaires, à travers plusieurs villes du Maroc. L’UAF organise tous les 8 mars un événement relayé par les médias et qui se manifeste par l’organisation d’un tribunal symbolique qui traite les différents types de violences faites aux femmes. À ce jour, l’UAF a organisé 13 tribunaux, sous forme d’audition publique, avec une moyenne de 12 témoignages sur des cas réels relevant des Centres Annajda (réseau national de centres d’accueil et d’accompagnement des femmes victime de violence créé par UAF et présent à travers les grandes villes marocaines). Chaque tribunal sort avec un verdict comme outil de plaidoyer contre la violence basée sur le genre.

Enfin, comment pouvez-vous évaluer la situation des droits de la femme au Maroc ?
Certes, la situation des femmes actuellement sur les plans juridique et économique est bien meilleure que celle de leurs ainées. Il y a eu beaucoup d’acquis, comme le Code de la famille, le Code du travail, le Code de la nationalité, des structures d’accueil dans les tribunaux, dans les hôpitaux et dans les commissariats de police… Malheureusement, il reste encore beaucoup à faire, notamment sur la mauvaise application du Code de la famille, le problème des mentalités patriarcales, l’absence d’une loi contre les violences faites aux femmes, l’existence de beaucoup d’articles discriminatoires, par exemple dans le Code pénal, l’absence de l’approche genre, l’inexistence d’une stratégie nationale de promotion des droits des femmes…

 

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