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Communiqué des associations féminines, au sujet de la déclaration du chef de gouvernement marocain.

Le chef de gouvernement, au lieu de prendre ses responsabilités et affronter avec vigueur cette situation alarmante, tâche pour laquelle il a été désigné depuis plus de 2 ans et demi, choisit de se réfugier dans la polémique idéologique et le louvoiement en suscitant les instincts masculins et tenter de faire croire que la cause fondamentale  des divers problèmes sociaux ne serait pas dans les politiques publiques suivies

 

Communiqué des réseaux et des associations féminines, des droits humains et démocratiques 
au sujet de la déclaration du chef de gouvernement marocain lors de la séance mensuelle d’audition à la Chambre des Conseillers en date du 17 juin 2014

Dans un contexte national marqué, d’une part, par le gel prémédité des engagements de l’Etat pour la mise en œuvre des dispositions de la Constitution en matière de droits économiques, sociaux, culturels, civiques et politiques et, d’autre part, par la dégradation des conditions sociales et économiques et la prolifération de la pauvreté des citoyennes et des citoyens de notre pays, « sans discrimination » ;

Et bien que les répercussions négatives de cette situation soient principalement supportées,  par les femmes et les filles de tous âges à travers le phénomène croissant de la féminisation de la pauvreté, le chômage et le déclin alarmant de la proportion de femmes actives sur le marché du travail, l’analphabétisme, l’augmentation structurelle du mariage des mineures, l’exploitation des filles mineures dans le travail domestique, etc. ;

A défaut de prendre en charge, avec vigueur et responsabilité, l’exécution des obligations 
du gouvernement pour rendre effectives les réformes législatives en attente pour l’égalité des sexes et agir pour leur adéquation avec les obligations et les engagements du Maroc et avec la lettre 
et l’esprit de la Constitution, dont la révision du Code de la famille, du Code du travail, du Code pénal, du Code de procédure pénale, la libération  de la loi devant protéger les femmes contre la violence et mettre fin à l’impunité des auteurs de violence, le droit des travailleurs de maison, le dahir sur les terres collectives, etc.

Le chef de gouvernement, au lieu de prendre ses responsabilités et affronter avec vigueur cette situation alarmante, tâche pour laquelle il a été désigné depuis plus de 2 ans et demi, choisit de se réfugier dans la polémique idéologique et le louvoiement en suscitant les instincts masculins et tenter de faire croire que la cause fondamentale  des divers problèmes sociaux ne serait pas dans les politiques publiques suivies, mais serait la prétendue «dégradation des valeurs morales » résultant de la sortie de la femme sur le marché du travail.

Comme à son « habitude » de médisance et d’agression vis-à-vis des femmes en plusieurs occasions, le chef de gouvernement, cette fois du haut de la tribune de la Chambre des conseillers, lors de la session mensuelle d’audition du 17 juin 2014 portant  sur « les problèmes et les attentes de la femme marocaine dans les programmes et politiques du gouvernement», a déclaré que « les maisons sont éteintes depuis que les femmes sont sorties pour travailler, et que les enfants sont profondément affectés par l’absence de la mère », ce qui suggère un appel implicite à sortir la femmes de l’espace public et du marché du travail et à la confiner à la fonction biologique reproductive et au travail domestique.

Compte tenu de ce que représente ce type de déclaration, qui rappelle certains discours salafistes obscurantistes, en terme de négation de l’héritage civilisationnel universel bâti par les femmes et les hommes ensemble, la « Coalition Printemps de la Dignité », le « Collectif Printemps Féminin pour la Démocratie et l’Egalité » ainsi que  « l’ensemble des réseaux et des associations féminines, des droits humains et démocratiques » soussignés considérons que ces atteintes répétées du chef de gouvernement ne sont pas seulement des fautes causées par sa prétendue spontanéité et ses discours improvisés. Elles correspondent à une tactique idéologique élaborée, pratiquée  systématiquement et délibérément, dans le but d’approfondir la fracture verticale de la société et satisfaire les courants salafistes et conservateurs et pour quémander leurs votes à l’approche des élections.

En outre, nous considérons que ces déclarations sont une atteinte à la dignité et aux droits des femmes et une violence verbale explicite du gouvernement représenté par son chef envers toutes les femmes et pas seulement celles qui endurent la charge quotidienne du travail à l’intérieur et à l’extérieur de la maison pour contribuer à l’éducation des enfants de notre pays.

Nous enregistrons, par ailleurs, que ces déclarations, en plus de l’affront et du mépris envers les femmes, constituent une claire incitation contre les mouvements de défenses des droits des femmes dans notre pays, en général, et  des « soulalyates », en particulier en déclarant que leur combat serait instrumentalisé par d’autres .

Nous ne pouvons que dénoncer le caractère improvisé des  promesses telles que l’allongement du congé de maternité ou l’allocation de subventions aux femmes démunies,  dont la plupart sont des revendications du mouvement féministe. Elles ne sont que des annonces à caractère électoral qui alimentent la campagne anticipée et cela qui ne trompe personne.

Dans le même but, le chef de gouvernement n’a pas hésité, dans sa dernière sortie, à dénoncer  les revendications de la parité par le Mouvement national des femmes, faisant semblant d’oublier qu’il s’agit de la mise en œuvre de dispositions constitutionnelles qui devrait figurer en tête des priorités de son gouvernement.

Considérant, par ailleurs, que la déclaration du chef de gouvernement est une atteinte aux droits de toutes les mères et filles de notre pays, y compris les femmes membres du parti dont il est le principal responsable, et que de tels actes constituent un réel danger pour les acquis démocratiques pour lesquels le peuple marocain, hommes et femmes réuni(e)s, a consenti de grands sacrifices, les signataires confirment :

  • Notre forte condamnation des hostilités et des atteintes verbales répétées du chef de gouvernement envers la femme au travail en particulier, et les femmes marocaines en général;
  • Notre appel à toutes les femmes élues, en général, et aux parlementaires, en particulier, 
    à exprimer explicitement et publiquement leur position par rapport à ces actes délibérés et pour interpeller leur auteur au sein des instances parlementaires ;
  • Notre appel à toutes les composantes du mouvement féminin, aux organisations des droits humains, à la société civile d’être vigilantes et confronter toute menace sur les acquis démocratiques de notre pays ;
  • Notre réserve du droit de recourir à tous les moyens de lutte permis par la loi pour contrer les campagnes systématiques contre les droits des femmes menées par le chef de gouvernement en sa qualité d’instance responsable.

 

Contacts :

1.      Samira Biekerden      06 14 13 66 56

2.      Asma El Mahdi           06 61 30 66 46

3.      Khadija Errabbah       06 62 18 37 66

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