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Perspective féministe au Maroc

Au parlement, comme à d’autres institutions étatiques et sociales, la femme au Maroc est de plus en plus présente et fournit des efforts considérable pour franchir le seuil de l’égalité (e-joussour).Les femmes sont indispensables à la société. Cependant, les constructions sociales du genre féminin taxent les femmes de préjudices et de discrimination.

 

Le projet d’émancipation de la femme marocaine a connu une évolution dynamique depuis la pré-colonisation. Récemment, la prise de conscience de la chose féminine a engagé des permutations sociales favorisantl’affranchissement des cadres oppresseurs.

 

La conscientisation de la chose féminine a eu lieu à la fin des années 1940, coïncidant avec l’indépendance du Maroc. L’intronisation de réformes inspirées de la philosophie salafiste dansle discours nationaliste a évincé les femmes de l’espace public. La culture patriarcale est axiologique à la philosophie salafiste[i][ii]. En l’occurrence, les inégalités entre les genres ont été exacerbées. L’institutionnalisation de cette approche par une dialectique entre la dominance masculine et les instances publiques confirme le rôle domestique obligatoire aux femmes.

 

L’indépendance a d’ailleurs disposé des conditions préalables aux mouvements des femmes. L’action féministe, demeurée latente pendant 30 ans, a vu le jour par consécration de l’opposition officielle. D’ailleurs, une série de mesures législatives a donné aux militantes des instruments revendicatifs,notamment la ratification de la convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW)[iii]. Dès lors, la première association féminine autonome apparaît, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM)[iv].Le Code su Statut Personnel, la Moudawwana(1958) est précurseur à l’avènement des associations féministes, tout autant qu’il incarne le cheval de bataille des femmes.

 

Le débat féministe s’actualise perpétuellement en concertant le droit, la modernité et la démocratie. Dans les cas échéants, l’universel et le religieux sont confrontés par le paradigme féministe. Cependant, l’équité des sexes n’est pas un fait réalisé dû à la tergiversation politique.

 

La stagnation politique reflète l’opinion publique en ce qui concerne la femme. Le stéréotype de la femme soumise et au service de l’honneur de l’homme est rependu et est systématiquement reproduit par les institutions sociales. La rhétorique de la tradition religieuse justifie la dichotomisationde la sphère privée et publique, du coup asphyxiant la voie féministe. La faible représentativité politique (10%) devit de l’objectif établit par le Conseil Économique et Sociale des Nations-Unis (ECOSOC). Un accord ratifié parle Royaume du Maroc. La démocratie est un passage obligé pourl’affranchissement de la femme et l’obtention de ses droits civiques. Toutefois, l’abolition du droit coutumier est préalable à la libération civique.

 

L’évaluation des mécanismes d’émancipations’avère ambiguë. D’une part, l’interdépendance entre la sécularisation del’Etat et les droits de femmes n’est pas implicite. D’autre part, l’éminence des institutions ecclésiastiques dans la société marocaine demeure indispensable. Le culte masculin pérenne dans la sphère publique comme en témoigne l’extrait suivant du roi Mohamed VI. « Sache, ma chère fille, femme marocaine, que la Moudawana est d’abord une affaire de mon resort »[v].À l’instar du roi, les associations adhèrent unanimement à une vision maternaliste. C’est dans cette optique que les maximes du nouveau code de la famille, la Moudawwana, ont articulé les préoccupations féministes.

 

La réforme de la moudawwana[vi] est une modalité qui a réussi à conjuguer la religion avec les réclamations féministes. Cette réforme correspond à l’évolution démocratique connue récemment au Maroc. Grâce à la moudawwana, les soubassements de la relation conjugale font désormais preuve d’équité et de parité des sexes. Les mouvements associatifs, incluant l’organisation parapluie ADFM et l’agence international UNIFEM sont parvenues à cette réalisation en collaborant avec les institutions islamiques. Donc, rompre avec la religion enrayerait le projet féminin à cette étape embryonnaire. Corriger les interprétations subterfuges du coran inviterait les femmes à regagner leur place au coté des hommes.

 

La reconnaissance de droits réciproques entre l’homme et la femme dans la sphère privée, tels que promulgué dans le nouveau code de la famille, est signe qu à non à une la représentativité civique[vii].Toutefois, la reconnaissance du socle féministe par la sphère publique masculine est canalisée vers l’aspect domestique. Subséquemment, le chemin vers l’intégration publique sera ardu.

 

Plusieurs problèmes accablent le système politique dont une sous-représentativité féminine et une faible proportion de femmes occupant des postes importants.L’acquiescement de l’article 8 de la Constitution garante de l’égalité des hommes et des femmes en droits politiques ne s’est pas traduit par des effets tangibles. L’imperméabilité de la sphère publique masculine contraint l’ascension du mouvement féministe. Il est inévitable que le refoulement systématique des femmes de la sphère publique retentira dans le processus demodernisation.

 

La reconnaissance législative et l’application exécutive des droits d’égalité et de parité des femmes sont indispensables au développement du Maroc. Le programme des Nations Unies pour le développement invoque l’inégalitédes sexes comme la première cause du sous-développement. En adhérant à unevision maternaliste, la dichotomie entre la sphère privée et publiques’estompera, du coup libérant les femmes. Selon le coran, le paradis est sousle pied des mères[viii]. Est-il temps de repenser ce rôle domestique?

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