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C’est pourquoi je suis fière d’être féministe / Par Latifa El Bouhssini

Hakima Naji………ou la discrétion incarnée

Je l’ai connue dans le milieu des années 80…elle venait de quitter la prison de rabat où elle a été incarcérée en tant que militante de gauche et responsable de l’instance de l’UNEM à l’ENS. Elle en a fait l’expérience alors qu’elle était encore très jeune, tout comme beaucoup de militantEs de l’époque.

Hakima est mère de deux filles qu’elle a élevée dans un idéal qui repose principalement sur le sens de la liberté conjuguée à la responsabilité.
Son parcours au sein de 23 mars et l’OADP l’a amené à être parmi les fondatrices du journal 8Mars en novembre 1983 et la création de l’UAF en 1987. Elle a été parmi les chevilles ouvrières. Ayant toujours eu une capacité d’analyse, un esprit de synthèse et un sens critique, elle s’est imposée sans difficulté dans un milieu où les talents ne manquaient pas.

Elle a assumé des responsabilités au sein du bureau exécutif de l’UAF et a su faire entendre une voix dissonante, celle qui a horreur des lieux communs. C’est une intellectuelle habitée par l’angoisse du questionnement. Au lieu de livrer des vérités, elle pose des questions et invite, par son intelligence percutante, à la réflexion.

Discrète, calme, sereine et très douce sont les quelques mots pour brosser le portrait d’une femme qui a su allier l’engagement pour une cause/des causes et l’attachement aux belles choses de la vie. Elle est simple au point où elle laisse l’impression d’être retirée de tout ce qui est crûment matériel. C’est une soufie, solitaire qui ne sent pas la solitude.

Toutes celles qui l’ont côtoyée au sein de l’UAF l’apprécient unanimement. Elle ne mâche pas ses mots mais elle le fait dans la douceur. Elle n’est pas agressive même lorsqu’elle constate l’agressivité de certaines situations et de certaines personnes. Elle garde présent dans son esprit la finalité pour laquelle elle se trouve dans le groupe. Indulgente et tolérante, elle a toujours su trouver les excuses/les bonnes excuses pour ne pas s’arrêter sur les détails inutiles et convaincre les plus réfractaires.

Elle a le sens de l’Histoire et l’intelligence de capter les moments qui font l’Histoire. Elle s’est toujours rangée du côté de la justice et n’a à aucun moment privilégié les intérêts du groupe restreint au détriment de la NATION. Lucide, elle sait que, nous traversons une période de reflux où il est difficile de voir plus clair autrement que ce que permet l’ambigüité du moment. Mais, elle répète à qui veut l’entendre, que ce n’est qu’un temps, même s’il dure longtemps. C’est l’optimisme d’un esprit fin et d’une personne qui, au fond donne la preuve de sa force intérieure.

Féministe, elle l’a été et l’est dans ses choix personnels et dans sa pratique de vie. Après des années au sein de l’UAF, elle a été la fondatrice de Assaïda Alhorra à Tétouan et son aura a dépassé le seul espace de cette association. Les acteurs de la société civile, tous domaines d’intervention confondus lui reconnaissent sa capacité d’encadrement, la clarté de son esprit et de sa vision et l’abnégation qui la caractérise. Ils lui vouent un respect profond et une reconnaissance méritée.

Actuellement, elle est membre du conseil économique et social où elle est loin de passer inaperçue. Elle porte la voix des femmes et scrute tous les détails relatifs aux droits des femmes. Les féministes peuvent être fières et rassurées de compter sur celle qui fouit la facilité et marque de son sceau les débats dans les plénières de ce conseil.

Voici pourquoi je suis personnellement fière d’avoir été parmi celles qui ont osé dire leur féminisme

Mes amitiés à Hakima Naji

Par Latifa El Bouhssini

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